le blog du lettrisme

par jean-pierre gillard

Lemaître, ses "mauvaises photos"

“Guy Debord classé Trésor National (29 janvier 2009), Gil J Wolman bientôt célébré au MACBA (Barcelone, juin 2010), il reste à se pencher sur le cas du couple infernal : Isou / Lemaître, qui écrivirent ensemble, aussi, les plus belles pages de la photographie Lettriste. Celles qui bouleversent la donne et ouvrent la voie à toutes les expérimentations possibles sur le medium photographique, envisagé comme simple support, dont il faut renouveler l’impact plastique par l’usage de nouvelles écritures, superposées aux planches photographiques.” suite sur le site de la galerie.

Maurice Lemaître

Mauvaises Photos Lettristes, prises n’importe où, avec n’importe quel appareil, sur n’importe quelle pellicule, dans n’importe quel éclairage, dans n’importe quel angle, tirées n’importe comment, sur n’importe quel papier…

Une proposition de Frédéric Acquaviva

Vernissage demain 10 novembre à partir de 18h

Galerie Satellite

7, rue François-de-Neuf-Château - 75011 Paris

A cette occasion sera présenté le premier titre de la toute nouvelle Collection AcquAvivA, “Maurice Lemaître, WANTED”

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Maurice Lemaître

Maurice Lemaître

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L'anti-cinéma lettriste 1952-2009

C’est ce soir à la Villa Cernigliaro que s’ouvrira l’exposition “L’anti-cinéma lettriste 1952-2009”, réunissant un choix d’oeuvres dont le point commun est de ne pas faire appel aux moyens classiques de la création et de la projection cinématographique.

A cette occasion sera réalisé le film supertemporel d’Isidore Isou Débat sur le cinéma de 1960. C’est en 1952, à la toute fin de son Esthétique du cinéma, parue dans le premier et le seul numéro de la revue Ion, qu’était annoncé cet ultime développement de sa réflexion:

“Les ciné-clubs possédaient une valeur commerciale mais leurs débats n’ont jamais possédé une valeur esthétique. Grâce au débat isouien, les débats explicatifs qui se sont toujours perdus en faveur des films qu’ils commentaient, pourraient se perpétuer en soi et pour soi. J’estime trop ceux qui se taisent dans les discussions des salles, qui réfléchissent et prennent mentalement des notes, pour ne pas espérer que le débat lui-même, en évoluant, finira par un grand silence. On s’assemblera et on méditera, dans un recueillement commun, sur un art défunt.”

Concluant par ces mots: “Mais il y a sans doute, encore beaucoup de possibilités artistiques qu’il faudrait épuiser dans le cinéma”.

Ce numéro de Ion contenait également La légende cruelle, de Gabriel Pomerand, L’Anticoncept, de Gil J Wolman, Tambours du jugement premier, de François Dufrêne, Hurlements en faveur de Sade, de Guy Ernest Debord où encore Première manifestation d’un cinéma nucléaire de Marc’O, il a été réédité en 1999 par Jean-Paul Rocher.

Vernissage à 18h.

Villa Cernigliaro
via Clemente Vercellone, 4
I - 13817 Sordevolo, Biella
Italy
tél: 015 2562174 secrétariat 015 2562793

e-mail: villa.cernigliaro@libero.it

Jusqu’au 29 novembre.

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la revue ION N°1, avril 1952, où I.Isou annonce le film-débat

la revue ION N°1, avril 1952, où I.Isou annonce le film-débat

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L'exposition de la rentrée

L’évènement lettriste de la rentrée, l’exposition “L’anti-cinéma lettriste 1952-2009”, se tiendra en Italie du 24 octobre au 29 novembre à la Villa Cernigliaro. Pour l’instant la liste des artistes participants ne nous a pas été communiquée, seuls les noms des commissaires figurent sur le carton d’invitation.

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la villa cernigliaro

la villa cernigliaro

l'invitation

l'invitation

cabine de cinéma infinitésimal, gillard

cabine de cinéma infinitésimal, gillard

cabine de cinéma excoordiste, gillard

cabine de cinéma excoordiste, gillard

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Broutin, Infinis en expansion reliés entre eux en forme de courbe formée (crucifixion)

Broutin, Infinis en expansion reliés entre eux en forme de courbe formée (crucifixion)

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Je connaissais L’Affaire Giotto, “L’Affaire Giotto, expliquait son auteur en 2006, c’est d’abord une émotion forte, lorsque je découvre la basilique de Saint-François à Assise. Ce sont ensuite des larmes de bonheur, qui jaillissent à la vue de la richesse esthétique de ces fresques, qui retracent, sur la partie inférieure de la nef, la vie du saint”, mais j’ignorais qu’elle avait eu une suite. La voici sous mais yeux, ou presque.

Si “la peinture, comme l’écriture ou le cinéma, c’est le plus souvent une activité comme une autre, aussi conforme et bien comprise, visant au plus pressé, buvant rarement des pots avec la Ligne d’Or”, pas plus que les autres arts, l’excoordisme ou le téysinïsme n’y échappe. Dès lors certaines œuvres, même si nous ne pouvons les négliger au nom du cadre de pensée qui les a vu naître, ne nous inspirent qu’un intérêt limité. Peut-être parce-qu’elles ne nous semblent pas suffisamment explicites. Qu’elles souffrent trop de ce que l’on pourrait nommer le syndrome mode d’emploi ou, si l’excoordisme est bien cet “infinitésimal de l’infinitésimal” que l’on nous promet, ne nous projettent pas suffisamment dans un univers radicalement différent de ceux des autres dimensions plastiques révélées par Isidore Isou.

L’œuvre qui nous occupe - qui continue la recherche ouverte à la perspective esthétique par les Différents infinis (1995) du même auteur - ne souffrent d’aucuns de ces maux, d’aucunes de ces faiblesses.

Et puis, elle possède une qualité rare. Une qualité qui fait les très grandes oeuvres, quand la beauté épurée d’un style vient croiser l’émotion d’un grand thème.

J’attendrais encore pour découvrir le chapitre intermédiaire, le II, mais pour l’instant j’ai vu L’Affaire Giotto III et je suis ému.

Jean-Pierre Gillard

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Broutin, Orants entre des infinis en extension reliés librement ou additionnés les uns aux autres (prière de Joseph)

Broutin, Orants entre des infinis en extension reliés librement ou additionnés les uns aux autres (prière de Joseph)

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L’Affaire Giotto III (la perspective étendue et coordonnée)


“Une ivresse belle m’engage / Sans craindre même son tangage / De porter debout ce salut”
Mallarmé
J’avais laissé Giotto à Assise, sans réussir à résoudre définitivement le mystère de la paternité des fresques du cycle de Saint-François, laissant les experts du maître florentin continuer à confirmer ou à infirmer l’attribution de l’ensemble pictural à mon glorieux prédécesseur.
Quant à moi, je m’accrochais à l’anti-phrase que j’avais écrite dans le carton d’invitation de l’exposition de Colle di Val d’Elsa consacrée aux peintures de la nef de la basilique supérieure de San Francesco : “Giotto n’aurait pas peint toutes les fresques de la vie de Saint François à Assise, Picasso n’aurait pas inventé le cubisme et Isou n’aurait pas créé le lettrisme”.
Je suivais ses traces dans l’Italie de la fin du treizième siècle et l’accompagnais d’Assise à Padoue. J’avais moi-même laissé les collines sienoises pour venir m’installer à Vérone. Il me semblait que, sans y prendre garde, je suivais les traces de mon illustre devancier. Je faisais comme lui le voyage de la Toscane à la Vénétie. Cette fois-ci j’arrivais en terrain déminé, personne ne semblant contester à Giotto l’attribution des fresques de la chapelle des Scrovegni.
Dans les oeuvres que je dédiais au maître d’Assise dans “l’Affaire Giotto”, j’avais inséré des éléments d’architecture, empruntés au cycle de Saint François, dans les profondeurs des lettres, des mots et des phrases, afin de définir une nouvelle perspective.
Je n’étais pas resté insensible à la singularité spirituelle de la thématique de la vie du fondateur de l’ordre des franciscains. Mais cette fois-ci les choses se compliquaient. Le thème de la vie du Christ et de sa famille m’apparaissait à la fois comme plus lointain et naif. Le message révolutionnaire du Christ, amenant à la libération des esclaves dans le monde romain, s’étalait sur les murs de la chapelle padouane comme une berceuse racontée aux petits enfants.
En un mouvement inverse, je voulais cette fois-ci utiliser les figures sacrées des Evangiles pour les introduire dans une perspective lettriste, les laisser se mouvoir entre les lettres, se parler entre les mots, naître ou mourir dans les phrases, s’interpeller, se trahir d’une lettre, d’un mot ou d’une phrase à l’autre. C’est ce que j’ai fait dans le chapitre II de l’Affaire Giotto (à paraître aux Editions Peccolo à Livourne dans la collection “Souvenirs d’Artistes”).
En travaillant sur les planches de la deuxième partie, tout en sentant la nécessité de la réalisation concrète de cette étape qui m’apparaissait, à peine commencée, comme un prolongement de l’acquis, je voulais poursuivre sur la voie que j’avais ouvert à la perspective esthétique en 1995 dans Différents infinis et explorer de nouvelles possibilités encore plus surprenantes, voire vertigineuses.
C’est de cette “ivresse” qu’est né le chapitre III de l’Affaire Giotto, la perspective étendue et coordonnée. Comme une préfiguration des beautés à venir, je plaçais la Capture du Christ sur un fond d’infinis en expansion, j’additionnais des infinis en expansion et coordonnés pour la Cène, je superposais librement des infinis (Joachim chassé du temple), je les accumulais (le Massacre des innocents), les incluais les uns dans les autres (l’Annonciation), les reliais fortement entre eux (la Présentation de Marie), les entremêlais (les Docteurs), les superposais (Le lavement des pieds), les croisais (La Visite à Elisabeth), etc… Enfin, j’inventais des infinis en expansion non précisés (les Lamentations).
J’étais ému par le plaisir de découvrir sous mes mains la révélation des possibilités encore inexplorées de la perspective étendue et coordonnée (excoordiste).
Je rejoignais l’inventeur de la peinture moderne et le promoteur du lettrisme, qui m’avaient permis de jeter, au-delà de leur oeuvre respective, un pont neuf entre le présent et le passé.
Broutin
Vérone, 2008
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Pour passer l'été et le temps (6)

Chaque semaine un artiste de l’excoordisme, cette semaine Jean-Pierre Gillard.

“L’ensemble, constitué de 52 photographies et d’une vidéo finale, raconte un voyage aller-retour à pied et en train, en l’étendant par le biais de la pellicule “soulevée” aux pensées qui peut-être l’accompagnent.” (JPG)

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jean-Pierre Gillard

jean-Pierre Gillard

Jean-Pierre Gillard, Le voyage poétique étendu, extrait (2007)

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Pour passer l'été et le temps (5)

Chaque semaine un artiste de l’excoordisme, cette semaine Alain Satié.

“Avec le temps l’auteur et l’oeuvre se confondent en une image rendue indélébile qui reste dans la mémoire collective, métamorphosée en patrimoine.” (AS)

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alain satié

alain satié

Alain Satié, Portrait de groupe excoordiste, 1995-2004

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