Un aperçu visuel de l’accrochage Wolman au Musée d’art contemporain de Barcelone. Merci à Frédéric Acquaviva de nous avoir transmis ces témoignages photographiques.
June 2010
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Titrée “Gil J Wolman, I am immortal and alive”, la rétrospective de l’artiste décédé en 1995 à l’âge de soixante-six ans, est donc ouverte au public depuis le 4 juin. C’est la première présentation d’ampleur qui lui est consacrée, elle vient donc combler un vide quant à la connaissance de la personnalité et des travaux de ce lettriste. On la doit à deux hommes, Bartomeu Marí, directeur du Macba, et Frédéric Acquaviva.
Étant dans l’attente du catalogue, nous chroniquerons cette manifestation dans un prochain post.
Museu d’Art Contemporani de Barcelona, en coproduction avec Fundação de Serralves - Museu de Arte Contemporânea, Porto
Plaça dels Àngels - 0801 Barcelona
Jusqu’au 9 janvier 2011
La veille du vernissage, nous étions invité dans un très agréable restaurant. L’atmosphère y était chaleureuse, chacun sentant bien ce que l’exposition “Algumas Obras a Ler, la coleção Éric Fabre” avait d’exceptionnelle.
Vous avez pu lire la réponse d’Anne-Catherine Caron à mon texte “Le mystère éthique ou la jurisprudence Caron” sur son blog Riposte lettriste. Dans sa mise au point, elle refait l’historique de son oeuvre supertemporelle Un mot dans un carré de caron, et les conditions de sa distribution lors du vernissage de “Algumas Obras a Ler, la coleção Eric Fabre”. Très bien.
Passons sur l’appréciation quant à l’accueil fait à son projet, “enthousiaste”, dit-elle, que je ne peux ni corroborer ni infirmer ; passons sur celle qui concerne sa réalisation“discrète”, à aucun moment je n’ai laissé entendre que la distribution de son sup’ a dérangé le vernissage, du moins pas en terme de tapage.
Mais, sur le fond, je ne change pas ma position, ni la phrase “Comment une lettriste peut-elle s’introduire à force dans une exposition extraordinaire…”. La seule petite erreur que je pourrais me reconnaître, c’est de ne pas avoir ajouté après “à force” quelque chose comme “du moins dans l’esprit”. Et encore ! Pourquoi ? Parce-que pour moi, venir de Paris avec un projet tout prêt, le proposer quatre jours avant l’inauguration à ses organisateurs, c’est quoiqu’on en dise leur forcer la main. Pour être de cette exposition, alors qu’on n’en était pas.
Quant au fait que le Comité de klado-vigilance “représenté sur place par son créateur Roland Sabatier*” n’ai rien trouvé à redire sur ce projet et l’ai même trouvé “enrichissant” pour l’exposition, ça le regarde. Il a le droit de le penser, comme j’ai le droit de ne pas partager son point de vue. Et sur la “jurisprudence Caron”, présentée par moi seulement comme une interrogation, je maintiens aussi, même si cette interrogation a un petit côté formel, peut-être déjà dépassé.
Quelques remarques maintenant sur le style de sa réponse, qui fleure bon le tract néo-stalinien, et j’oublie l’appréciation portée sur Le blog du lettrisme, “journalistique”, qui m’a bien fait rire.
Que signifie que le soir du vernissage “Jean-Pierre Gillard” était “dédoublé en la personne de Jim Palette” ? C’est trop dire ou pas assez.
Toujours dans la même phrase, “Un autre lettriste présent, Jean-Pierre Gillard […] a alors déclaré vouloir réfléchir à sa coopération qu’il ne l’a finalement jamais remise à l’auteur.*” Depuis quand serait-on dans l’obligation de répondre à une demande de participation à une oeuvre supertemporelle si, qu’elle qu’en soit la raison, elle ne nous convient pas ?
Et encore. A aucun moment dans mon texte on ne peut trouver un mot, une ligne, laissant entendre que je parlerais du haut de je ne sais quelle position de parangon de la vigilance - “Ces allégations malheureuses et irréfléchies, données pour la résultante d’une vigilance exemplaire” -. la place est déjà occupée, et je n’ai pas cette ambition. Et pour terminer sur la vigilance, les dernières lignes d’Anne-Catherine Caron : “… ce même comité [le comité de klado-vigilance] a observé que la présence de ce camarade [moi] lors de cette soirée du vernissage a sans doute été beaucoup plus remarquée [entendu que la distribution discrète de mon oeuvre]”. Là encore, à quoi Anne-Catherine Caron fait-elle allusion ? Le Comité de klado-vigilance compte-t’il poursuivre les lettristes jusque dans les fêtes où nous prenons un moment de détente ?
Quant à la toute fin, sur “les lois les plus élémentaires du droit”, et l’accusation de diffamation qui m’est faite, je conseille fortement à Anne-Catherine Caron de savoir ce dont elle parle, et lui rappelle que les lois sur la diffamation sont équilibrées depuis toujours par le droit à la libre expression.
Jean-Pierre Gillard
* Les autres membres n’ont pas pu venir, certainement retenus par un concours de pêche à la ligne. ** En français dans le texte de Caron.
Nous avions déjà de Gaston Leroux, Le mystère de la chambre jaune ; voilà qu’il est proposé à la sagacité de notre petit groupe lettriste (rappelons que nous sommes à peu près 7 vivants) une énigme autrement difficile ! Celui des papiers jaunes supertemporels distribués à qui voulaient les accepter par Anne-Catherine Caron le soir du vernissage de l’exposition “Algumas Obras a Ler” à Lisbonne. Ce que j’appellerais le mystère éthique. Comment une lettriste peut-elle s’introduire à force dans une exposition extraordinaire préparée par le plus grand ami des lettristes pour laquelle elle n’a pas été retenue ?
Au blog du lettrisme, nous nous demandons aussi si cette attitude pourrait ou non faire jurisprudence. Si tel était le cas, la jurisprudence Caron signifierait une évolution importante du code éthique jusqu’ici largement partagé entre nous. Ainsi, il n’y aurait plus aucune obligation à ne pas se manifester lors des vernissages des expositions organisées par nos propres amis si l’on s’y sent un peu mal représenté. Fi de la règle du responsable, moi j’arrive au vernissage accompagné de 12 amis invités, 6 beaux garçons et 6 jolies filles, chacun portant une oeuvre qui selon moi aurait dû figurer dans l’exposition, étant bien entendu que la beauté de l’équipage est telle qu’elle éclipse sans problème tout le reste.
Rires ? Pas sûr.
Autre question, moins importante certes, disons de deuxième zone : que faisait le groupe de Klado-Vigilance pourtant présent ce soir-là à Lisbonne ? Manque de moyens ? Fatigue ?
Nous ne le saurons probablement jamais.
By bye.
Dans le cadre de la soirée de lancement du 28ème Marché de la poésie, François Poyet réalisera ce soir deux performances distinctes en compagnie de Maîtresse Cindy.
19h30, Podium et Stand D1