Je connaissais L’Affaire Giotto, “L’Affaire Giotto, expliquait son auteur en 2006, c’est d’abord une émotion forte, lorsque je découvre la basilique de Saint-François à Assise. Ce sont ensuite des larmes de bonheur, qui jaillissent à la vue de la richesse esthétique de ces fresques, qui retracent, sur la partie inférieure de la nef, la vie du saint”, mais j’ignorais qu’elle avait eu une suite. La voici sous mais yeux, ou presque.
Si “la peinture, comme l’écriture ou le cinéma, c’est le plus souvent une activité comme une autre, aussi conforme et bien comprise, visant au plus pressé, buvant rarement des pots avec la Ligne d’Or”, pas plus que les autres arts, l’excoordisme ou le téysinïsme n’y échappe. Dès lors certaines œuvres, même si nous ne pouvons les négliger au nom du cadre de pensée qui les a vu naître, ne nous inspirent qu’un intérêt limité. Peut-être parce-qu’elles ne nous semblent pas suffisamment explicites. Qu’elles souffrent trop de ce que l’on pourrait nommer le syndrome mode d’emploi ou, si l’excoordisme est bien cet “infinitésimal de l’infinitésimal” que l’on nous promet, ne nous projettent pas suffisamment dans un univers radicalement différent de ceux des autres dimensions plastiques révélées par Isidore Isou.
L’œuvre qui nous occupe - qui continue la recherche ouverte à la perspective esthétique par les Différents infinis (1995) du même auteur - ne souffrent d’aucuns de ces maux, d’aucunes de ces faiblesses.
Et puis, elle possède une qualité rare. Une qualité qui fait les très grandes oeuvres, quand la beauté épurée d’un style vient croiser l’émotion d’un grand thème.
J’attendrais encore pour découvrir le chapitre intermédiaire, le II, mais pour l’instant j’ai vu L’Affaire Giotto III et je suis ému.
Jean-Pierre Gillard